Diffuser et réfléchir : dompter la lumière vive

Diffuser et réfléchir. Cela aurait pu être le titre d’un article sur comment diffuser ses photos et réfléchir au sens qu’on leur donne. Mais aujourd’hui on va plutôt s’intéresser à la lumière et plus spécifiquement à la lumière naturelle. Les beaux jours vont bientôt arriver et si comme moi vous shootez en lumière naturelle et proche d’une fenêtre, vous allez vous confronter à la lumière vive du soleil.

Quand je prends des photos pour mon blog, j’installe ma mise en scène sur une table devant une grande fenêtre inondée de lumière. L’hiver, j’obtiens une jolie lumière diffuse, le soleil étant souvent caché derrière les nuages. Mais en été, le soleil frappe fort à travers la vitre et éclaire de manière très dure mon plat. Cela a pour effet de créer des contrastes très forts : telles quelles mes photos ont des ombres très foncées et les zones éclairées sont très blanches. Évidemment, je pourrais jouer avec ces conditions d’éclairage et mettre en valeur le plat à travers ses contrastes.

Néanmoins, souvent j’ai envie d’adoucir cette lumière. Pour cela, j’ai deux moyens : la diffusion et la réflexion.

Pour diffuser la lumière qui passe à travers ma fenêtre, le rideau en voile très fin est souvent insuffisant, je le complète donc avec un diffuseur. C’est un disque de tissu blanc légèrement opaque. Placé dans le des rayons du soleil, il va permettre une lumière plus douce mais sans trop diminuer la luminosité. Avant d’acquérir un diffuseur, j’ai longtemps utilisé un rideau blanc très fin ou même du papier sulfurisé collé à même la fenêtre !


Lorsque je prends mes photos positionnée face à la fenêtre, je me retrouve en contre-jour. Avec une lumière vive du soleil, la photo est alors très contrastée : je suis sur-exposée dans les zones éclairées et sous-exposées dans les zones d’ombre. Le diffuseur va permettre d’atténuer la sur-exposition mais je vais avoir besoin d’un peu d’aide pour éclairer les zones d’ombre. Pour cela, j’utilise un réflecteur blanc que je positionne face à la fenêtre un peu décalé sur le côté. Le réflecteur va réfléchir la lumière et permettre d’éclairer un peu plus les zones d’ombre. Plus rarement, il m’est arrivé d’utiliser un réflecteur or ou argent pour obtenir une ambiance particulière mais ces derniers sont plus difficiles à utiliser en photo culinaire. Évidemment, une simple feuille blanche ou un carton plume fera aussi bien l’affaire !

J’ai aussi une 3ème petite astuce pour les plats en sauce ou avec du liquide. Qui n’a jamais été agacé par les reflets beaucoup trop présents sur une soupe (qui souvent fait un effet miroir et vous et votre appareil photo apparaissez alors sur la photo !) ? Pour éviter cela, vous pouvez visser à votre objectif un filtre polarisant. Le filtre polarisant va atténuer voire faire disparaitre les reflets dus à la lumière. Il va également augmenter le contraste de la photo et la vibrance des couleurs. Je l’utilise cependant avec parcimonie, lorsque je n’ai pas trouvé le moyen de contourner les reflets. De plus, il est difficilement utilisable dans des conditions de faible luminosité car il diminue la luminosité à la prise de vue.


Photo non retouchée prise en contre-jour avec diffuseur (la source de lumière vient d’en face)

Ajout d’un réflecteur positionné face à la source de lumière qui va venir adoucir les zones d’ombre

Ajout d’un filtre polarisant gommant les reflets sur le thé (avec augmentation de la vitesse d’obturation pour pallier à la baisse de luminosité due au filtre polarisant)

Ce post est un petit post-it pour vous rappeler les astuces à utiliser pour dompter la lumière. N’oubliez pas de relire les posts sur la lumière acte I et acte II pour approfondir cette question !

Publié par Parigote -- Le 06 mai 2012 -- Dans Photographie / Technique 12 commentaires

Le pas à pas du mode manuel

Il y a quelques temps, on vous avait parlé du fameux manuel d’utilisation, celui que vous êtes censés avoir lu et relu pour bien vous familiariser avec votre outil. Je vais donc partir du principe que vous connaissez bien votre appareil et ses nombreux boutons, si ce n’est pas le cas, je vous laisse relire l’article et bûcher un peu ce manuel !
Généralement, sur les appareils photos, on trouve multitude de petits boutons. Cela peut-être effrayant au début, mais vous allez voir qu’on utilise toujours les mêmes.
Sur Culinographie, s’il y a bien une chose pour laquelle on milite, c’est l’utilisation de votre appareil photo en mode manuel. Si vous voulez progressez en photo, ne laissez surtout pas l’appareil décider pour vous ! Vous devez êtres maître de votre appareil !
Voyons donc tous les boutons auxquels il faut toucher afin de maîtriser tous ces paramètres techniques (on va le faire de manière un peu chronologique pour que ce soit clair). Il y a des notions importantes que nous n’avons pas encore abordé sur Culinographie, mais cela ne devrait pas vous empêcher de faire des essais, d’essayer de comprendre pas vous-même ce que ça peut changer sur le résultat de votre photo d’augmenter ou de diminuer tel paramètre.


-    Tout d’abord, pas de photo sans avoir tourné le bouton on-off (comme le cache objectif, c’est un peu le classique du « haa mais pourquoi ça marche paaaas ? Ha ben c’était pas allumé. Ok, je sors !).

-    Le paramètre ISO. Avec l’ISO, on règle la sensibilité de l’appareil : en gros, plus il fait sombre, plus l’ISO devra être élevé. Plus l’ISO est élevé, plus il laissera entrer de lumière sur le capteur, mais cela va se faire au détriment de la qualité de l’image (plus l’ISO est élevé et plus on verra apparaître du grain sur la photo).

-    La balance des blancs. La balance des blancs est à adapter en fonction du type de lumière disponible (nuageux, plein soleil, néon, ampoule…). Plus la balance des blancs sera correcte, et plus on obtiendra des blancs sur la photo qui seront proches des blancs de la réalité.

La vitesse d’obturation et l’ouverture. Ce sont deux paramètres qui vont de pair. L’un va être ajusté en fonction de l’autre. Généralement, on commence par régler la profondeur de champ qu’on souhaite obtenir (un flou plus ou moins important sur la photo) et ensuite on adapte la vitesse d’obturation en fonction des conditions de lumière et du degré de luminosité qu’on souhaite obtenir sur la photo.

-    Le focus. Lorsque l’appareil fonctionne en autofocus ET qu’on a mis l’appareil en mode manuel, on va pouvoir dire quelle zone de la scène on souhaite voire nette. En autofocus, l’appareil va de lui-même se régler pour que cette zone soit nette. Si on met notre objectif en mode manuel, on va devoir tourner la bague pour faire jouer les lentilles de l’objectif et trouver nous-mêmes la zone de netteté. L’objectif en mode manuel peut être utile lorsqu’on souhaite faire le point sur une zone non couverte par les indicateurs de l’appareil photo. Mais cela nécessite de bien vérifier en zoomant sur l’image que c’est bien net car nos yeux peuvent être trompeurs !

-    Le déclencheur. C’est donc le bouton qui déclenche la photo ! On peut mettre le déclenchement à retardement (2 sec ou 10 sec) ou faire le déclenchement à distance via une télécommande ou via l’ordinateur pour certains réflex. Le déclenchement différé peut être intéressant lorsqu’on utiliser un trépied et qu’on ne veut pas risquer d’avoir un flou de bouger au moment où on appuie sur le déclencheur.

Voilà donc tous les principaux éléments à avoir en tête lorsqu’on utilise son appareil en mode manuel. Bien évidemment tous les appareils ne vous donneront pas accès à tous ces paramètres, je pense notamment aux compacts où souvent on ne peut pas gérer sa vitesse d’obturation et son ouverture.

 

 

Et quand on a une photo qu’on aime bien, comment on fait pour retrouver ses réglages ?
Et bien il « suffit » d’aller voir les données exif de la photo. Les données exif c’est en quelques sortes la carte d’identité de la photo où seront consignés tous les paramètres utilisés (type d’appareil, type d’objectif, ouverture, exposition etc…). Pour lire ces méta-données, on peut utiliser XnView comme programme (on peut également y avoir accès via lightroom). Cela peut être utile quand on débute de passer les photos de blogs ou de site qu’on apprécie pour savoir quels réglages ont été utilisés.

Publié par Parigote -- Le 13 février 2012 -- Dans Technique 25 commentaires

La balance des blancs

Aujourd’hui, on reste toujours dans la lumière mais cette fois-ci on va s’intéresser de plus près à sa couleur. Avez-vous déjà noté que selon la période de la journée ou de l’année, la couleur de vos photos changeait sensiblement ? Lorsqu’il fait nuageux, les photos prennent une teinte plutôt gris-bleue tandis que lors de la fin d’une journée ensoleillée d’hiver, on se retrouve avec des plats qui tirent vers des couleurs chaudes plutôt oranges : la lumière a donc une couleur, et plus précisément, elle a une température. Cette température est mesurée en degrés Kelvin. Plus la température de la lumière est basse, plus celle-ci va être chaude et plus la température de la lumière est élevée, plus celle-ci va être froide.

Étonnamment, on se retrouve avec des photographies d’une teinte différente de celle qu’on peut apprécier avec nos yeux. Le truc c’est que notre cerveaux ne perçoit pas les changements de lumière, ou plutôt si, il les perçoit il mais va traiter cette information et la ré-équilibrer afin que notre appréciation des blancs (et donc des couleurs) reste neutre. Magie du cerveau, nos yeux nous mentent ! Le « problème » de l’appareil photo c’est que lui, il a besoin de réglages pour traiter ces informations lumineuses et neutraliser la couleur de la lumière : c’est ce qu’on appelle la balance des blancs. En gros, on va devoir dire à l’appareil photo (ou au logiciel de retouche) que telle couleur, c’est du blanc. Ainsi, il traitera toute la photo selon cette donnée : les blancs seront alors blancs. Aujourd’hui, les appareils numériques et les logiciels de retouche permettent même de filtrer la couleur de la lumière mieux que ne le fait le cerveau et de produire des blancs plus blancs que blanc (n’en déplaise à Coluche).

Pour avoir une photo qui respecte au maximum les couleurs naturelles, la balance des blancs va donc être essentielle. Si je ne gère pas cette balance et laisse l’appareil photo gérer tout seul en automatique, le résultat est très aléatoire. J’ai alors 2 solutions : soit je règle les blancs sur mon appareil numérique, soit je les règle avec un logiciel de retouche.

Selon type d’appareil photo, plusieurs possibilités de réglages de la balance des blancs s’offrent à vous.

 

LES RÉGLAGES PRÉ-ENREGISTRÉS

C’est le minimum syndical de la balance des blancs : votre appareil a déjà enregistré les réglages des situations d’éclairage les plus courantes.

On trouve généralement :

Automatique : dans ce mode, vous laissez l’appareil se débrouiller tout seul pour savoir ce qui est blanc. C’est un peu la loterie, rares seront les fois où il vous sortira une balance correcte et précise.

Nuageux : l’appareil va se régler sur une température élevée de lumière (environ 6 000K) pour contrebalancer la faible température de la source lumineuse.
Lors d’une journée très nuageuse, la lumière va être bien plus diffuse : les infimes particules d’eau vont diffracter la lumière, la rendant ainsi beaucoup plus homogène et produisant une température élevée d’où cette couleur blanche tirant vers le bleu.

Ensoleillé : l’appareil va se régler sur une température un peu élevée de lumière (5 200 K environ).
Ce réglage, comme son nom l’indique, est à utiliser en condition de plein soleil.

Tungstène : l’appareil va se régler sur une température faible de lumière (environ 3 000K).
La lumière tungstène est celle du bulbe des ampoules à incandescence (classique à filament ou halogène), elle va produire une lumière d’une faible température et donner des blancs chauds voire oranges.

Ces pré-réglages sont ceux de base que l’on trouve sur tous les appareils, ils peuvent être accompagnés d’autres réglages un peu plus précis affinant la température de la lumière :

Bougie : qui va contrebalancer la lumière rouge d’une situation de très faible luminosité

Fluorescent : qui va contrebalancer la lumière jaune-verte d’un éclairage au néon

Ombre : l’appareil va se régler sur une haute température de lumière (environ 8 000K)

 

 

LA BALANCE DES BLANCS MANUELLE

Sur certains appareil, on va pouvoir indiquer manuellement à l’appareil le blanc que l’on veux voir apparaitre comme blanc sur la photo. Lorsque ce mode est sélectionné, on a la possibilité d’indiquer par une photo (soit en sélectionnant un point d’une photo, soit en prenant la photo d’un aplat neutre) la couleur qu’on considère être une couleur neutre. Généralement, on prend en photo une feuille de gris neutre (gris à 18 %) ou une feuille blanche. Parfois, il est ensuite possible d’affiner la précision en réglant la valeur du bleu (B) et de l’ambre (A) et/ou du magenta (M) et du vert (V). [Je vous renvoie à votre manuel d'utilisation si tout ça vous semble du charabia !]

Sur certaines boitiers, on peut également régler sa balance des blancs en choisissant directement la température de couleur. Plusieurs paliers de température de couleur sont donnés dans la menu, et on sélectionne la température qui convient le mieux à la situation lumineuse.

 

LA RETOUCHE DE LA BALANCE DES BLANCS

Si jamais vous n’avez pas réglé votre balance des blancs lors de la prise de vue ou si celle-ci a mal été faite, pas de panique ! On peut retoucher la balance des blancs directement sur la photo, soit en passant par l’appareil (mais l’appréciation des couleurs via le petit écran LCD n’est pas forcément aisée) soit en utilisant un logiciel de retouche photo. Mais la retouche photo fera prochainement l’objet d’un billet complet, en attendant, il va falloir vous entraîner à régler les blancs sur votre appareil !

 

LA BALANCE DES BLANCS COMME CHOIX STYLISÉ

La balance des blancs peut aussi être réglée comme un choix stylistique à part entière pour renforcer une ambiance. Cela reste certes assez rare en photo culinaire car en modifiant la balance des blancs, on va modifier la couleur de la photo et donc du plat ou des aliments (ce qui est quand même un peu embêtant quand on veut rendre compte du résultat d’une recette !). L’exercice reste donc difficile comme en témoignent les trois photos ci-dessous où la variation de la balance des blancs s’est faite par petites touches.

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Publié par Parigote -- Le 11 novembre 2011 -- Dans Technique 15 commentaires